Industrial Blues la revue de presse
Un revenant... Patrick Coutin a en efft commencé
son cheminement musical dans le milieu des années 1980 avec«
L'heure bleue».
Aujourd'hui, Patrick Coutin fait référence au blues avec
ce nouvel album («Industrial blues») renvoyant autant à
cet univers industriel sombre et usiné des années 50 qu'à_
une musique plus actuelle, rock-indus.
Avec l'aide de son groupe scénique, Coutin a réalisé
cet album avec la collaboration du guitariste texan David Grissom.
Porté par une rythmique lourde, obsédante comme une chaîne
industrielle, ce disque est un condensé de l'esprit complexe
du chanteur. Il est en effet capable d'asséner un morceau Gainsbourien
(«Jimie j'aime ») non loin d'une sorte de comptine pour
adulte («Si t'es pas sage»), d'une invitation à danser
portée par un souffle de batterie («Sara danse»)
ou de deux-trois autres titres d'une noirceur et d'une solitude inquiétantes
(«Regarde le mur», «Frustration»...). Plane
parfois l'ombre de Gérard Manset avec « le train ».
Tel un électron libre de toute attache, Patrick
Coutin est un artiste étonnant, il aurait pu gérer une
carrière commerciale à succès suite à son
tube de 1981 : J'aime regarder les filles; pourtant il poursuivit avec
des albums moins médiatisés, bien que superbe comme L'heure
bleue (à l'ambiance jazzy).
Entre temps Patrick a associé son nom à des artistes reconnus
comme Dick Rivers, les Wampas... a pris la direction d'une salle de
spectacle dans la région parisienne (à Bobigny) et a écrit
paroles et musiques de cet album.
Industrial Blues marque son retour sur l'avant scène avec 11
chansons qu'il a enregistrées avec ses éternels compagnons
de route : Franck Ridacker (batterie), Gil Michel (basse), Christophe
Allemand (claviers) ainsi que Gilles Coutin qui pose quelques notes
de guitare sur Jimie j'aime.
Les textes de Patrick sont des clichés souvent sombres sur la
société, de ses rencontres, de ses sentiments... dans
un esprit assez proche des bons auteurs français : Sara danse,
Trace d'amour, Frustration, Le train, ou sa comptine pour adulte : Si
t'es pas sage.
Véritable poète urbain actuel, il a habillé ses
écrits de mélodies aux tempos entre blues, pop et rock
où la puissance rythmique donne la cadence aux mots : Frustration
(je drague). Industrial Blues est étonnant, complexe, magnifique
et mérite une écoute attentive pour se laisser totalement
pénétrer, en un mot : superbe.
Vingt ans qu'il sortait son premier album. Et huit
ans déjà se sont écoulés depuis le précédent
: le remarquable Aimez-vous les uns les autres... Visiblement,
Coutin aime toujours regarder les filles qui marchent sur la plage...
Mais ça n'a pas l'air de trop marcher le premier titre de l'album
s'appelle « Frustration (Je drague) ». Du blues, comme la
couleur d'ensemble de cet album avec, c'est selon, un accent à
la Bashung et les mots-images qui vont avec ; ou bien le phrasé
à la Capdevielle, avec les mêmes tics. Bashung, Capdevielle,
Coutin : trois artistes talentueux aux itinéraires différents,
nés tous trois au public à la charnière des années
70 et 80.
L'un est devenu grand, l'autre a disparu (dommage...), le troisième
s'accroche [voir Chorus 7, Portrait] et on prend un réel plaisir
à l'écouter, même (et surtout ?) s'il se trimbale
un sacré blues, fenêtre ouverte sur la pluie glacée.
Un blues qui le guide vers les mères solitaires dans les jardins
d'acclimatation, qui l'entraîne dans des errances le long des
quais, comme si les plages de l'été avaient laissé
place aux murs de l'automne.
Bien sûr, il y a Jimie, Jimie j'aime, mais elle est pas
sûre de rester... Alors il y aura le train qui ne revient jamais,
des traces d'amour sur des draps froissés. Il y aura Sara qui
fait se pencher les étoiles quand elle danse. Il y aura aussi,
peut-être, cette fille assise toute seule au fond du bar.
Clichés, tout ça ? Naturellement ; c'est pour ça
que le dernier Coutin, le sixième pour l'heure, a de la gueule.
Michel Troadec
Avec Coutin, c'est toujours sentimental. Sûrement parce que nos racines musicales, la culture qu'on trimballe, prennent leur source au même endroit, à la même époque. Toujours est-il qu'un album de Coutin renvois vers des sonorités, des harmonies familières et décrit des univers finalement assez proches de celui du commun des mortels. Des histoires du quotidien qui poissent un peu, des vies qui, comme les rêves, s'effilochent... Ces blues industriels, si clairement nommés. Cousin croque des instantanés de vie, qu'il installe sur une musique toujours affûtée, brillante, et l'emploi de samples ou autre Pro-Tool n'enlève rien au son délicieusement vintage dont bénéficient les titres. Coutin (sans oublier ses potes : Franck Ridacker, batterie ; Gil Michel, basse ; Christophe Allemand, claviers ; et sur quelques titres, David Grossom, lead guitar) transgresse les lois, se fout des modes et surtout, fait ce qu'il veut. Mine de rien, il vient de balancer un album magnifique. Mieux, intemporel.
Jean-Do Bernard
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Le Cri
du Coyote -Janvier 2002
"Vieux" routier, ancien journaliste (musical, bien sûr)
qui a aussi touché à la peinture, à la réalisation
de clips, à l'écriture de polars et été
producteur d'autres musiciens, son nom n'est pas inconnu dans le monde
du Blues. Pourtant, même si l'inspiration ne peut être niée,
ce disque ne "sonne" pas réellement Blues, sauf sur
la fin. Il se rapprocherait plutôt de ce qu'on pourrait nommer
(même si certains vont hurler) de la Variété de
qualité (avec une majuscule) et ferait facilement penser à
du Bashung par exemple (sans plagiat) ou à Gérard Manset.
Patrick Coutin a écrit les 11 chansons de l'album et, la réserve
du début n'étant là que pour aiguiller le Coyote,
on écoute ça avec plaisir d'un bout à l'autre (avec
une petite réserve toutefois sur la prise de son très
sèche de la batterie). Ce n'est peut-être pas vraiment
du Blues, mais c'est un bien beau disque quand même !